Répartir ses leads entre plusieurs clients sans en léser aucun
Servir dix clients avec un stock limité est un problème d’affectation, pas d’intuition. Pourquoi il faut placer les leads rares en premier, et comment tenir l’équité sans y passer la matinée.
Vous avez trois cents leads ce matin et douze clients qui attendent. Chacun a ses départements, ses types, son volume restant à livrer. Dans quel ordre servir ?
La réponse intuitive — commencer par le plus gros client — est presque toujours la plus coûteuse.
Un exemple à deux clients suffit à le montrer
Deux clients, deux commandes en cours :
- Client A accepte les départements 59, 60 et 61.
- Client B accepte seulement le 60 et le 61.
Votre stock du jour : deux leads en 59, deux en 60, deux en 61.
Si vous servez le client A en premier avec ce qui vous tombe sous la main, vous lui donnez du 60 et du 61. Résultat : il est servi, mais vous avez consommé la ressource que les deux clients se disputent, et il vous reste deux leads en 59 que personne d’autre ne peut prendre. Ils vont vieillir en base, perdre un niveau de fraîcheur, et finir par se vendre moins cher.
La bonne répartition fait l’inverse : elle donne d’abord au client A les deux leads en 59, puisqu’il est le seul à pouvoir les absorber, puis partage le 60 et le 61 entre les deux. Tout le monde est servi, et le stock part en entier.
La règle générale : les leads rares en premier
Ce petit exemple contient toute la logique. Un lead a une rareté : le nombre de clients qui peuvent l’accepter, compte tenu de leurs départements, de leurs types et de leur mix frais / data.
- Un lead que beaucoup de clients acceptent est une ressource souple : il servira à quelqu’un, quel que soit l’ordre.
- Un lead que peu de clients acceptent est fragile : si son unique preneur est déjà rempli par autre chose, il ne partira pas du tout.
D’où le principe : placer d’abord les leads les plus contraints, garder les leads polyvalents pour équilibrer ensuite. C’est un problème d’affectation classique, cousin de ce qu’on appelle un couplage biparti.
Écoulement contre équité
Maximiser l’écoulement peut aboutir à un résultat déséquilibré : un client servi à 100 %, un autre à 20 %, parce que c’est ce qui vidait le mieux le stock ce jour-là. Techniquement optimal, commercialement discutable — le second client vous appelle le lendemain.
À l’inverse, une équité stricte laisse dormir les départements que peu de clients demandent.
Dans la pratique, le bon réglage est hybride : placer d’abord les leads rares chez ceux qui peuvent les prendre, puis répartir le reste équitablement. On écoule presque autant qu’en optimisant à fond, et personne n’est oublié.
Selon le moment du mois, d’autres priorités se défendent : servir d’abord selon la note quand vous voulez soigner un client sensible, ou faire passer vos comptes VIP devant. L’essentiel est que ce soit un choix explicite, pas le hasard de l’ordre dans lequel vous avez ouvert vos fichiers.
Pourquoi ça ne tient pas à la main
Sur deux clients et trois départements, un tableur suffit. Sur douze clients, quarante départements, quatre types de leads et des mix frais / data différents, plus personne ne calcule juste : on sert les mêmes, on oublie les autres, et le stock des zones creuses vieillit.
Trois garde-fous valent d’être automatisés :
- Ne jamais dépasser une commande. La somme des livraisons ne doit pas excéder la quantité commandée — sinon la discussion arrive en fin de mois.
- Faire baisser la fraîcheur à la livraison. Un lead frais qui part devient data, tout de suite, pour tout le monde.
- Voir avant d’envoyer. Une répartition automatique qui part sans relecture est une machine à incidents. L’algorithme propose, l’humain arbitre.
C’est le fonctionnement de la distribution dans LeadsHub Studio : quatre stratégies au choix, un mode hybride par défaut, et l’aperçu client par client avant que quoi que ce soit ne parte.